Théorie unifiée des univers napoléoniens et tolkienniens

Pour moi, il ne fait aucun doute que la période napoléonienne présente beaucoup de points communs, dans l'esprit de ses wargameurs, avec l'heroic fantasy. Il suffit de relever le terme d'épopée napoléonienne, souvent appliqué à l'époque, mais presque jamais employé dans les autres contextes historique, qui l'apparente aux légendes ou aux chansons de geste.

Plus que les autres périodes historiques, l'épopée napoléonienne est marquée par des individus au destin héro´que, et parfois dotés de capacités extraordinaires, comme le génie militaire, des spécialisations en cavalerie ou en artillerie. Les wargames napoléoniens ont souvent des règles spéciales pour le destin individuel de ces personnages, qui risquent toujours d'être blessés ou tués en prenant la tête de leurs troupes.

En y réfléchissant un peu plus, on découvre une multitude de points communs entre l'épopée napoléonienne d'une part, et les univers tolkiennisants communs à la plupart des wargames fantastiques d'autre part. Ces points communs s'alignent en une belle symétrie, ce qui m'amène à formaliser mes découvertes en cette théorie unifiée des univers napoléonien et fantastique.

Pour présenter cette théorie, le mieux est de procéder en introduisant les peuples les uns après les autres.

Commenšons par les Russes, qui me sont particulièrement chers (mes figurines anti-napoléoniennes). Ce sont des durs à cuire, peu manoeuvrants. Piètres tireurs, ils sont très résistants au corps à corps et défendent bien, notamment des fortifications de campagne. Ils sont également dotés d'une nombreuse artillerie. Pas de doute, toutes ces caractéristiques s'appliquent telles quelles aux nains. Cette première unification était facile. Nous verrons que les suivantes ne le sont pas moins.

Que dire des Anglais ? Au risque de nous attirer les inimitiés des anglophobes routiniers, annonšons tout de go la vérité : les Anglais sont des Elfes. Peu nombreux, leurs pertes sont irremplašables, ce qui les conduit à des tactiques prudentes. Leur armée est un mélange de troupes à pied, tireurs très précis pratiquant volontiers l'escarmouche, et d'une magnifique cavalerie lourde au bon moral. Ils sont gouvernés par un roi, et se retirent sur une île de l'autre côté de la mer lorsque la guerre est finie. Ce sont des champions de la liberté, qui prennent la défense des peuples opprimés.

Mais si les Anglais sont les les forces du bien, me direz-vous, qui sont celles du mal ? Eh bien oui, ce sont les franšais et leurs peuples alliés, bien sűr, qui jouent le rôle des méchants. Qui d'autre ? Comme dans n'importe quel roman de fantasy, leur puissance semble irrésistible, ils ont pour ambition de dominer le monde et ils y parviendraient, n'étaient une poignée de défenseurs de la lumière qui réussissent à anéantir leur puissance. Le mal a aussi pour habitude de réunir des armées immenses en mettant à contribution les peuples tombés dans son orbite.

Peuple très nombreux, envahisseur, pillard, semant la dévastation sur leur sillage, les Franšais ne peuvent être que des Orcs. Ils sont menés par un Seigneur Ténébreux très malin qui, seul, a pu unifier et pacifier sous une poigne de fer ces nations querelleuses. Ce Seigneur Ténébreux, venu lui aussi d'une île au-delà de la mer, aspire à dominer le monde entier et a l'habitude d'entrer dans des crises de rage lorsque les défenseurs du bien le contrarient. Il est assisté par des rois et des princes transformés en spectres pillards qui mènent ses armées. Il se méfie cependant d'eux car ils pourraient bien comploter contre lui ou faire de l'ombre à sa gloire. Certains mêmes sont tourmentés par le remords et sont susceptibles de se joindre aux forces du bien.

L'élite de ces forces est constituée de la garde des morts-vivants, guerriers redoutés, complètement insensibles à la peur et obéissant aveuglément aux ordres du Seigneur Ténébreux. Ces forces déjà nombreuses sont complétées d'une multitude d'humains des peuples tombés dans l'orbite du mal.

Située entre l'orient et l'occident, l'Autriche représente l'Empire, force principale des humains, passablement décadent, aux confins mal définis, grignotés petit à petit par des peuples barbares, de petites puissances, et surtout l'empire du mal. Très courageusement, il tente de résister au Seigneur Ténébreux, et sur son territoire se livrent beaucoup de batailles. L'Empire dispose de forces encore nombreuses mais peu motivées. La princesse, fille du vieil empereur, issue d'une lignée prestigieuse, est convoitée par le Seigneur Ténébreux, qui souhaite l'épouser avant de faire périr le reste de sa famille, ce qui lui donnerait une légitimité pour s'asseoir sur le trône.

On pourrait coninuer à loisir, mais je ne le ferai pas, afin de laisser au lecteur la joie de découvrir par lui-même les autres associations, qui sont somme toute aussi évidentes. Une chose est sűre, il ne manque plus qu'un fabricant de figurines 15mm bienfaisant pour pouvoir aborder les batailles de l'intermède napoléonien d'une manière nouvelle. Nul doute qu'un orc en uniforme de parade, avec un chapeau en peau d'ours et des guêtres blanches aurait de la gueule sur nos tables.

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